Récit de mon accouchement: 7 mois après [césarienne]

On dit qu'il n'est jamais trop tard et à vrai dire je ne m'étais même pas rendue compte que je n'avais pas raconté mon accouchement ici. Alors 7 mois après je vais faire avec les restes qui m'ont le plus marquée que ce soit en positif ou en négatif. Je précise avant tout que je ne garde pas un mauvais souvenir de ce premier accouchement. A vrai dire j'ai passé tout ma grossesse à me renseigner sur tout. J'avais ce besoin incontrôlable de savoir, savoir ce qui pouvait arriver, savoir comment ça pouvait se passer histoire d'avoir tous les scénarios en tête pour m'éviter de stresser le moment venu. Je préférais avoir un vertige ou une perte quelconque en me disant "c'est normal j'ai lu ça quelque part" plutôt que de me questionner comme une folle qui m'aurait fait stresser à mort.
Après tout, toutes les femmes y arrivent et puis il faut que le bébé sorte alors pas le choix, en selle madame!
Voilà pour mon état d'esprit alors que le terme approchait.


Je n'ai pas eu un accouchement typique comme on voit dans les films avec une chronologie simple: perte des eaux - hôpital - péridurale et hop bienvenue dans la vie. Loin de là.
J'ai tout bêtement été à mon rdv des 9 mois avec mon gynécologue. Tout était niquel, bébé avait encore la tête en bas de ce côté là tout baignait. C'est en prenant ma tension que tout a basculé. J'étais en hypertension. Je me connais et en plein été après avoir traverser la clinique je savais que c'était assez habituel pour moi, alors en fin de grossesse encore plus. Oui mais non, il m'a fait monter pour un monitoring et prise de tension. Hop une demi-heure s'écoule et la sage-femme pensait que c'était bon donc je redescend avec mes résultats. Le gynécologue les consulte et là j’entends "on va la garder". Oh misère, moi qui venait pour un rdv vite vite bah me voilà bloqué à la clinique. A ce moment là je comprend que je ne ressortirai surement pas de là sans mon bébé dans les bras. Mais bon naïvement je préviens le papa qui travaillait de ce qui se tramait. On m'a prévenu que si la tension ne se calmait pas je ne rentrerai pas chez moi et que ça devenait même dangereux pour le bébé. Ils m'ont gardé la nuit, j'ai passé tout mon temps accrochée à ce tensiomètre qui ne cessait d'afficher 14/8 ou 14/9. Au matin ça allait mieux mais la systole était encore mauvaise. Et je crois que c'est à ce moment là que j'ai déclenché un truc moche assimilé au Pupp m'enfin ça c'est un autre problème. La journée se passe en mode pleine canicule et climatisation à fond dans la chambre et le gynéco devait décider de ce qu'il ferait. En fin de journée on m'a dit qu'on me déclencherait le lendemain matin. Je passe une nuit très calme bien que j'avais assez hâte de voir cette étape qu'est un déclenchement.


C'est à 10 heures que le déclenchement à été fait. On m'avait installée dans la salle d'accouchement où on passe aussi les gros monitoring juste avant d'accoucher, cul nu dans la blouse évidemment, tensiomètre accroché et finalement la tension c'était un peu mieux. Hop, pose du gel (bordel que ça brule ce truc) et on attend de voir si ça agit sur le col. A ce moment là j'étais toujours ouverte à 1 donc autrement dit rien du tout. Je voyais de toutes petites contractions sur le monitoring (à 40 ou 60 je me souviens plus bien) mais je ne ressentais rien et puis elles étaient hyper espacées donc ne jouaient pas sur le col. On nous renvoie dans la chambre pour que je mange en attendant le monitoring de 16h. Le moment arrive et on retourne dans la salle (on somnolait tellement faut dire que c'est super long à attendre, prévoyez un bouquin) et le col a un peu avancé mais c'est pas foufou. Heureusement pour moi j'aurai pu avoir une deuxième pose de gel mais non vu que ça avançait quand même y a pas eu besoin. Finalement vers 18h30 on nous renvoie encore dans la chambre en nous conseillant de marcher pour aider un peu au travail. Évidemment, marre de cet enfermement j'ai dis à mon chéri qu'il m'accompagne faire un tour et prendre l'air. C'était très rigolo d'être assise devant la clinique en regardant les gens aller et venir et en me disant que j'étais clairement dans le process de l'accouchement et que personne ne pouvait s'en douter (oui bon une femme qui se plie et hurle on s'en doute). Je remonte dans ma chambre, me vautre sur le coté dans le lit et mets la télé. Très rapidement j’entends un "schplok" à l’intérieur de moi alors je comprend pas puis d'un coup c'est chaud. J'ai d'abord cru que je me faisais pipi dessus mais je n'avais pas de fuite urinaire durant la grossesse alors par réflexe je me suis mise debout jambes écartées, bras écartés et telle une étoile perdue j'ai regardé mon chéri et vlan, j'ai perdu les "flots". Ça coulait comme jamais j'aurai imaginé que ça coulerait! J'ai littéralement inondé le sol de ma chambre. Mon legging qui était gris est devenu gris foncé mais de partout. Mon réflexe? Rire. Ça reste un super souvenir vraiment rigolo, c'est qu'en plus ça a duré plusieurs minutes vu la quantité que j'avais dans le ventre.


L'étape d'après la perte des eaux est l'étape assez classique de vérification de l'avancement du travail et on m'a rapidement demandé si je voulais la péridurale. J'étais dilatée à 3 et dans l'inquiétude que le travail avance plus vite que l'anesthésiste n'arrive (il était quelque chose comme 20h) j'ai accepté. Bon j'ai un doute je me souviens plus si mon chéri était dans la salle pour la pose. En tout cas le plus compliqué pour moi à été de faire le dos rond et de relâcher les épaules. Le gros ventre n'aide pas et le stress de l'agitation encore moins. Finalement je n'ai pas eu plus mal qu'une gêne qui pique et j'ai pu m'installer confortablement. Il faut savoir que comme je suis un déclenchement ils m'ont administré un produit pour accélérer et renforcer les contractions. Le tout en contrôlant le rythme cardiaque du bébé, en gros j'étais branchée de partout. J'ai fais rappelé l’anesthésiste trois fois parce que la péridurale ne fonctionnait pas sur moi. C'est un peu normal vu l’équilibre qu'il fallait trouver pour me soulager tout en faisant arriver bébé. Les heures ont défilé puis j'ai entendu que j'étais dilatée à 6. C'est bien 6 sur 10 sachant que les derniers cm peuvent très vite s'effacer. Ça semblait bien parti puis en fait non, j'avais de plus en plus mal, ils m'ont donné un masque à oxygène qui n'avait pas grand effet sur moi et en fait à chaque contraction j'avais l'impression qu'on m'arrachait un bout à l’intérieur c’était affreusement douloureux mais surtout bébé faisait de la bradycardie (tombé à 70). Vers 1h30 du matin je pense (désolée la notion du temps dans ces moments là est un peu faussée) on me dit qu'on va partir en césarienne d'urgences dès que le bloc sera prêt. Aucune réaction visuelle de ma part si ce n'est que j'ai pensé "ok on y va faut que ça cesse".
 

Arrivée dans le bloc ils ont fait un test avec mes jambes ou mon ventre je ne saurais dire pour savoir si le papa pouvait assister à la césarienne. Test validé ils l'ont habillé en tenue bleue de docteur Mamour et il s’est installé sur le coté de ma tête. Moi sur le dos, un drap devant les yeux, les bras en croix branchée à je ne sais quoi et tremblotante j'étais consciente mais assez assommée par la fatigue et les produits anesthésiants. Je me rappelle que je me forçais à regarder la salle et tout autour de moi pour me créer des souvenirs mais j'ai eu bien du mal. J'ai entendu "incision 2h07". Ensuite rien puis comme un ploc de décollement d'un coté, un deuxième puis un troisième et enfin la naissance à 2h10. En gros en 3 min mon bébé est né soit 16 heures après le déclenchement. Je n'ai rien senti lorsqu'ils m'ont mis les agrafes, 14 agrafes svp! Et ils m'ont amené mon bébé après lui avoir faire un genre d'aspiration qui a traumatisé mon chéri. Je ne vais pas vous cacher que j'étais tellement apathique et ils me l'ont présenté à l'envers que je n'aurai jamais pu le reconnaitre parmi d'autres nouveaux-nés. Ils m'ont ensuite emmenée dans une salle de réveil et là j'ai totalement détesté mais bon faut bien y passer pour retrouver sa motricité et éviter toute infection par la suite.


Je suis remontée dans ma chambre à 6h du matin dans un état chaotique alors que toutes les équipes me disaient que j'avais le sourire et la forme qu'on ne croirait pas que j'allais accouché ou que je venais d'accoucher. J'avoue ces mots m'ont bien encouragée.
J'ai donc accouché d'une grande crevette: 52 cm pour 3,090kg. Sept mois après il fait 70 cm pour 8kg et les gens pensent qu'il a 9 ou 10 mois. Ça passe à une vitesse folle!

Commentaires

  1. J'ai adoré te lire :) Je ne sais pas comment toi, tu as vécu le fait de commencer un travail, et finir en césarienne... Perso, j'ai pris cela comme une délivrance, et j'étais zen en salle de réveil, de me dire que mon loulou était avec son papa! Enfin, la morphine n'y était pas pour rien :) Effectivement c'était une belle et grande crevette la tienne ! :)

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    1. Merci :) Alors comme toi, une délivrance même si à coté de celles qui endurent un travail de 36h pour finir en césarienne je me trouve bien chanceuse. Je t'avoue que je me demande encore si j'aurai eu la force et l'energie pour pousser en fait. Mon fils est très grand et long, je l'appelle le coton-tige (d'ailleurs y a que les body Petit Bateau qui comprennent sa morphologie haha)

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