Récit de mon accouchement: rien à voir avec le premier

Je vous avais raconté mon tout premier accouchement y a pas si longtemps finalement et comment dire, c'est ce genre d'accouchement redouté par beaucoup de femmes puisqu'il a fini en césarienne.
Alors dès que j'ai appris que j'étais à nouveau enceinte, la question de l'accouchement par voie basse s'est immédiatement posée. Ça s'appelle l'AVAC (Accouchement vaginal après césarienne) et de savoir que ça existait m'a beaucoup rassurée. Bien sure j'ai quand même eu peur de la rupture utérine mais mon gynécologue a bien veillé aux possibilités qui s'offraient à moi pour éviter ça.

Je plante un peu le décor: un bébé prévu à plus de 4kg à terme et j'étais à trois semaines de ma DPA.
J'ai perdu les eaux à 6h un matin de décembre au moment où le réveil du chéri sonnait. Hop direction la baignoire pour éviter d'en mettre tout partout et j'ai dis à mon homme de prévenir son travail qu'il n'irait pas bosser. Et là grosse panique: vous savez cette fichue valise de maternité qui est prête six mois à l'avance pour votre premier bébé et qui n'est pas finie pour le deuxième (bah oui faut s'occuper du premier tout en étant impotente comme jamais du coup bah Amazon est ton ami mais ça ne fait pas tout). Je me lave pour me sentir mieux et dans l'idée que si ça se trouve je me laverai pas pendant deux ou trois jours par la suite en fonction de comment ça se passe et hop je m’attèle à ma valise. Mais pas que, puisque la valise de mon ainé n'est pas du tout faite et qu'il part pour minimum trois jours chez ses grands-parents. Et bien sachez que de faire les cents pas pour préparer ces fichues valises a bien fait avancer le travail. Deux heures après avoir perdu les eaux je commençais à avoir du mal à marcher sans serrer les dents et mes contractions étaient espacées de 2 minutes, c'était l'heure d'aller à la maternité.

Arrivée à la maternité à 8h, on me met directement en salle de travail pour m'examiner. Confirmation de la perte des eaux et par contre j'ai été étonnée d'être déjà dilatée à 3. Au moins ça explique que j'avais du mal à marcher sans douleur. Je préviens le papa qui est resté dans la salle d'attente avec mon grand qu'il peut faire le trajet pour le déposer chez ses grands-parents.

Et là je passe un des moments les plus affreux de ma vie en terme de douleur. Et pourtant on me dit que je supporte assez bien et je suis un habituée des aiguilles et compagnie. Mais clairement il a du se passer deux heures à deux heures et demi le temps que mon homme fasse l'aller-retour que je suis passée de 3 à 6/7. Je ne vais pas mentir ou enjoliver ou cacher la vérité pour les futures mamans qui me liront parce que de toute façon on doit y passer, mais je salue fermement les femmes qui accouchent sans péridurale. Vous me direz "mais alors pourquoi tu n'as pas eu de péridurale?". Et bien si, je la voulais moi cette péridurale magique, on me l'avait proposée dilatée à 3 pour mon ainé, mais là manque de bol l'anesthésiste était afféré sur une césarienne à coté. Alors certes j'avais un mal de chien à ne pas trouver de position qui me soulagerait, certes je pleurais entre chaque contraction qui revenait toutes les minutes si ce n'est moins, certes je serrai les dents en imitant l'alarme des pompiers à mesure que la contraction arrivait mais au moins je tentais le tout pour le tout pour réussir à connaitre la sensation d'un accouchement par voie basse. Je le voulais, non pas parce que j'ai eu une très mauvaise expérience de la césarienne, du tout je trouve que ma césarienne ne m'a pas trop affectée mais je voulais connaitre la sensation d'un accouchement sans complications. Et ma pauvre sage-femme qui venait me réconforter en me prenant dans les bras et me disait "si je pouvais je vous la ferai la péridurale mais je ne suis pas qualifiée, tenez bon vous êtes forte". Heureusement qu'elle était là en l'absence du papa.

L’anesthésiste arrive enfin, un peu froid et moi j'étais à l'ouest surtout, dans le monde féerique des contractions qui te déchirent l’intérieur. J'avais beau être soulagée de le savoir prêt à me la poser, tout ne s'est pas passé comme prévu haha. Bah oui ça existe pas un accouchement simple (si?). Bref donc on me prépare pour la fameuse piqure sauf que dans l'état dans lequel j'étais je ne pouvais pas rester immobile et les contractions étaient si rapprochées qu'il ne pouvait pas piquer entre deux. Résultat: 4 tentatives, 4 piqures, 1 douleur de fou à me faire sursauter sur la table. En gros j'étais à la ramasse mais il a fini par réussir. Même si j'avais envie de la tuer quinze fois dans ma tête pendant tout ces essais infructueux, j'ai remercié et me suis excusée de ne pas avoir été une bonne élève, en bonne débile que je suis. Et c'est à ce moment que mon homme est arrivé, en gros il a évité tout le merdier et les insultes gratuites lol. La péridurale a commencé à faire effet au bout d'une dizaine de contractions qui s'amenuisaient et je me sentais à nouveau reposée et ai de nouveau esquissé un sourire.

A 12h30 j’étais dilatée à 9 / 10. Le travail était donc quasiment fini et bébé avait bien bossé. La sage-femme que j'adore me demande si je veux toucher sa tête puisqu'on la voit un peu, j'accepte évidement je voulais ne rien rater de cet accouchement aussi crado ou douloureux je voulais tout vivre (oui bon j'ai pas été téméraire au point de refuser la péridurale). C’était si rigolo comme sensation. Vraiment je pense très sincèrement que votre accouchement dépend beaucoup de l'équipe qui vous gère. Ma sage-femme était génialissime, elle expliquait tout en détails, était dotée d'une empathie folle, limite anticipait mes questions et m'a épaulée comme j'aurai voulu l'être en mode ++. Une personne que je n'oublierai jamais ça c'est sur!  

On me dit à 13h que le risque de césarienne est écarté. Oui parce que j'avais beau être dilatée prête à pousser et bien monsieur bébé était positionné bizarrement. S'il avait eu le front bloqué dans la bassin et bien la tête n'aurait jamais pu sortir et c'était la césarienne assurée. On m'a mise sur le coté pour qu'il puisse se positionner correctement puisque ni lui ni moi n'avions de problème à supporter les contractions. On était bien, là, dilatée à 10 depuis tout ce temps.

Voyant que ça ne faisait pas grand chose, on m'a injecté de l'ocytocine vers 14h pour aider un peu ce bébé trop à l'aise dans maman. Pour ma part j'étais ni fatiguée, ni affamée, j'avais soif mais ça se réglait avec le spray d'eau thermale et papa était au taquet. Mon gynéco est arrivé vers 14h30 pour aider à l'accouchement je pense puisque nous avions demandé au dernier moment à la sage-femme si on aurait l'aval pour un accouchement à 4 mains (gyneco ou sage-femme + le papa). Je ne l'avais pas mentionné cette fois dans mes souhaits pour l'accouchement mais mon gynéco se souvenait qu'on l'avait demandé pour mon ainé et puis césarienne oblige on n'avait pas pu. Ne voulant pas rater cette occasion, notre gyneco a accepté puisque tout se passait bien pour tout le monde. Hop, voilà mon homme équipé tel un chirurgien prêt à accueillir bébé.

Je démarre les poussées pour voir comment je m'en sors et comment bébé réagit vers 14h45. Ma sage-femme me réexplique bien comment pousser et son astuce a marché du tonnerre (pour les futures mamans notez ça si jamais on vous l'a pas expliqué: il faut pousser avec le ventre le capteur du monitoring comme si vous vouliez le faire tomber). J'ai focalisé sur ça à chaque poussée et en 4 contractions, à 15h01 bébé était dehors. Tout d'abord la tête, puis la sage-femme l'a mis dans une bonne position pour que mon chéri récupère les épaules pour me le mettre sur le ventre et comme ça glissait énormément notre gynéco aidait aussi en l'agrippant pour éviter toute chute.
Après 9h de travail, Robin est né à un poids tout à fait normal de 3,6kg et 52cm comme son frère.

Une expérience vraiment au top si on oublie la partie sans péridurale mais je suis très reconnaissante d'avoir pu vivre deux types d'accouchements. 
Par contre 2018 j'ai dis je n'accouche pas, trop de bébés d'un coup je suis au bout de mon slip (et c'est gastro time pour mon grand je vous laisse imaginer mon week-end).

Bon dimanche et courage aux futures mamans pour cette expérience folle à venir ♥




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